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dimanche, novembre 11, 2018

mémoire


Mon arrière Grand Père, le Pépé de ma Maman, a été mobilisé en 1914 pour défendre notre pays contre l'invasion de l'Empire Teuton ou plutôt pour participer à l'effort de Guerre. Compte tenu de son âge, 40 ans, il a eu la chance de ne pas aller au casse pipe ; sa contribution à ce terrible conflit était en arrière du front, aux popotes.
Puis quelques jours avant le 11 Novembre 1918, du côté de Verdun, il eut une attaque, comme on disait dans ce temps là, une congestion cérébrale. 
Il fut donc hospitalisé. Mon arrière Mémé n' en sut rien et pensait qu'il allait rentrer bientôt au foyer, mais il n'en fut rien non plus. Pendant plusieurs mois, elle ne sut s'il était vivant et si oui où, ou s'il était mort.
Enfin il rentra chez lui,  handicapé de tout le côté droit et la tête un peu à l'envers. Pas à cause d'éventuelles séquelles de la maladie mais psychologiquement après une si longue absence, et sans doute aussi à cause de son état physique.
Ma Maman m'a dit un jour qu'il avait eu du mal à se réadapter à la vie civile. 

C'est ma façon à moi de lui rendre hommage et aussi à tous ces braves Poilus de France et de Navarre et même d'ailleurs. A ceux qui ne sont jamais revenus, à ceux qui n'ont pas pu avoir de sépultures, aux blessés restés handicapés et aux Gueules Cassées.
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Malgré son bras droit resté plié sur sa poitrine et sa main fermée, malgré sa patte folle, mon arrière Pépé faisait son jardin tout seul, et avec son couteau et une grosse miche de pain, il nous taillait des mouillettes hyper bien calibrées pour les soirées oeufs à la coque.
Il s'appelait Patient et il le fut, puisqu'il nous a quitté alors qu'il avait, si j'ai bonne mémoire, 87 ans. 
***

11 commentaires:

Mitou La Bretonne a dit…

Des aïeuls mis à l'honneur sur ton blog comme sur le mien c'est aussi un bel hommage !
gros bisous et bon dimanche
MITOU

Daniel a dit…

Coucou Claude.
Honneur au pépé.
Pas de cellule psychologique à l’époque!
Bises, bon dimanche, A +

Miss_Yves a dit…

Comme l'écrit Daniel, pas de cellule psychologique, chacun devait-plus ou moins- surmonter , chocs, séquelles , traumatismes et on ne parlait pas non plus de résilience;

Dédé a dit…

Un bel hommage que tu rends à ce Pépé. Patient, il a dû l'être avant de retrouver les siens. Et oui, en ce temps-là, il n'y avait pas de cellule psychologique pour soigner tous ces traumatismes. Les gens devaient compter sur leur force de caractère et l'amour des leurs pour revenir et retrouver une vie tant soit peu normale. Bises alpines et bon dimanche.

La cachette à Josette a dit…

comme dans la fable s'il n'en mourraient pas tous tous étaient atteint...
les hommages locaux et les souvenirs en famille me paraissent plus sincères que ce bruit et cette fureur médiatique
je ressens l'idée : voilà ça fait 100 ans on en parle plus que raison et maintenant fini fichez nous la paix avec les poilus !

Nini a dit…

Un bel hommage pour ton arrière grand-père ... il a en effet su être Patient toute sa vie !
Il y a comme un décalage, sur mon blog, je parle de mon papa !!!
Mais il faut leur rendre hommage, en privé ou en public !
Gros bisous, beau dimanche

claude a dit…

@ Daniel
Non !
Bises !

@ Miss Yves
Ils n'avaient qu'eux même et leur famille pour le soutien de leur famille, comme le dit si bien Dédé.

@ Dédé
Tu dis bien ; sans doute pas facile pour mon arrière Mémé non plus, mais au bout de quelques temps, tout est rentré dans l'ordre.
Bises campagnardes et bon fin de Dimanche !

@ Josette
Comme tu as raison. Chacun y va de son hommage et là ce centenaire sert bien à des personnes sans que je comme qui.

@ Nini
Bien évidemment qu'il faut leur rendre hommage à ces Poilus qui méritent bien de la Patrie, même cent ans après, surtout que 20 ans après seulement on a remis ça, quand je dis on, je devrais dire ils, les autres.
Gros bisous et bonne fin de journée !

tanette2 a dit…

Bien bel hommage à ton aïeul, il est touchant ton billet. Bises.

Cergie a dit…

Depuis 2008 il n'y a plus d'ancien combattant de la première guerre mondiale parait-il. Mon grand-père est décédé en 1928 de ses conséquences, à 48 ans. Il l'a faite entièrement parce qu'il était militaire de carrière et en tant qu'officier toujours devant. Gloire à nos grands-parents valeureux et à leur sacrifice !

Bonheur du Jour a dit…

Un bel hommage. Et se prénommer Patient...
Bonne journée.

Jerry OX a dit…

Un homme touchant et sincère à ton pépé vaillant combattant de la grande et drôle de guerre.Une guerre qui ne servit à rien hélas si ce n'est à faire des millions de victimes et que l'armistice n'a pas empêché de rééditer 20 ans plus tard. je salue la mémoire et le courage de ton pépé .