Mon arrière Grand Père, le Pépé de ma Maman, a été mobilisé en 1914 pour défendre notre pays contre l'invasion de l'Empire Teuton ou plutôt pour participer à l'effort de Guerre. Compte tenu de son âge, 40 ans, il a eu la chance de ne pas aller au casse pipe ; sa contribution à ce terrible conflit était en arrière du front, aux popotes.
Puis quelques jours avant le 11 Novembre 1918, du côté de Verdun, il eut une attaque, comme on disait dans ce temps là, une congestion cérébrale.
Il fut donc hospitalisé. Mon arrière Mémé n' en sut rien et pensait qu'il allait rentrer bientôt au foyer, mais il n'en fut rien non plus. Pendant plusieurs mois, elle ne sut s'il était vivant et si oui où, ou s'il était mort.
Enfin il rentra chez lui, handicapé de tout le côté droit et la tête un peu à l'envers. Pas à cause d'éventuelles séquelles de la maladie mais psychologiquement après une si longue absence, et sans doute aussi à cause de son état physique.
Ma Maman m'a dit un jour qu'il avait eu du mal à se réadapter à la vie civile.
C'est ma façon à moi de lui rendre hommage et aussi à tous ces braves Poilus de France et de Navarre et même d'ailleurs. A ceux qui ne sont jamais revenus, à ceux qui n'ont pas pu avoir de sépultures, aux blessés restés handicapés et aux Gueules Cassées.
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Malgré
son bras droit resté plié sur sa poitrine et sa main fermée, malgré sa
patte folle, mon arrière Pépé faisait son jardin tout seul, et avec son
couteau et une grosse miche de pain, il nous taillait des mouillettes
hyper bien calibrées pour les soirées oeufs à la coque.
Il s'appelait Patient et il le fut, puisqu'il nous a quitté alors qu'il avait, si j'ai bonne mémoire, 87 ans.
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